La nouvelle face du learning : chaos ou collaboratif bien construit ?

Les entreprises dépensent en moyenne chaque année plus de 1 000 dollars par employé pour 32 heures de formation traditionnelle. Cependant, pour 75 % des managers, ces programmes n’ont aucun impact sur leur performance. Rien d’étonnant : 90 % de l’acquisition des connaissances et compétences se fait par l’expérience et non plus par la formation en salle…

1. Des nouvelles contraintes d’apprentissage apparaissent

Si les objectifs du learning restent relativement stables depuis les années 1950, les méthodes de transmission des connaissances évoluent face à l’explosion de la quantité d’informations (big data) et l’éclatement des savoirs dans les réseaux. Autres facteurs mis en cause : l’accélération du temps, qui implique d’acquérir sans cesse de nouvelles compétences et l’arrivée dans l’entreprise des gen Y, plus sensibles aux nouvelles méthodes d’apprentissage.

2. Le cloisonnement actuel nuit à l’acquisition des savoirs

Face à la circulation des connaissances, l’objectif d’un collaborateur n’est plus d’enrichir son stock de connaissances, mais de vivre des expériences d’apprentissage. Dans ce contexte, l’acquisition des savoirs ne doit plus être une transaction isolée entre une figure d’autorité et un élève mais une expérience collective, où chacun a à apprendre de l’autre.

3. Passer au learning « expérientiel »
Les entreprises doivent passer d’une vision statique du développement des collaborateurs (un apprenant écoute un sachant dans le cadre d’une formation ponctuelle) à un mode de learning expérientiel, c’est-à-dire mettant les équipes en situation d’apprentissage permanent. Enjeux : devélopper des espaces collaboratifs (vitruels ou réels) où les employés se rencontrent, conversent, partagent leurs idées, s’entraident, formalisent des bonnes pratiques…

Avis d’expert : Maryannick Van Den Abeele, responsable Réseau d’échanges réciproques de savoirs à La Poste

Comment mieux aligner le learning avec les besoins opérationnels ? La Direction du Courrier de La Poste a expérimenté les réseaux d’échanges réciproques de savoirs (RERS) qui mettent directement en relation des offreurs et des demandeurs de connaissances. Atout du dispositif : en sortant de la relation unilatérale, chaque collaborateur devient acteur de son développement et tout le monde profite de l’intelligence collective !

À lire, notre dossier
La nouvelle face du learning : chaos ou collaboratif bien construit ?

D’après Too Big to Know de David Weinberger ; 70:20:10 : Explorer les nouveaux territoires d’apprentissage de Charles Jennings et Jérôme Wargnier et un entretien avec Laurent Saussereau, CEO de Yuman.
Business Digest nº 233, février 2013

À voir, la vidéo
David Weinberger on Too Big To Know

David Weinberger, chercheur au Berkman Center et codirecteur du Harvard Law School Library Lab, revient sur les grandes idées développées dans son dernier ouvrage Too Big To Know. L’occasion de passer en revue les enjeux de la transmission de la connaissance à l’heure d’Internet et des réseaux sociaux.

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2 comments

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  2. NIELS ALBERT dit:

    intéressant de suivre comment les institutions éducatives vont devoir se transformer du fait de la numérisation et la multiplication des savoirs accessibles gratuitement en ligne, telles des commodités… Et quid des business models des fournisseurs de e-learning dans ce contexte là.

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