Economie verte
La notion de responsabilité environnementale creuse son chemin dans les consciences et les actes. Néanmoins, l’environnement est toujours menacé par l’accroissement de la démographie, le réchauffement climatique et une industrialisation toujours plus gourmande en ressources… Les acteurs du secteur privé doivent se mobiliser davantage alors même que les contraintes économiques les incitent à limiter les investissements jugés non productifs… Comment les convaincre ?

Le r.o.i. de l’engagement environnemental

La réduction des impacts environnementaux peut représenter des investissements considérables. Mais une stratégie environnementale est souvent rentable à long terme pour :
• Réaliser des économies
Ne serait-ce qu’en évitant à l’entreprise de payer pour réparer les conséquences de ses activités. Par exemple, 3M, avec son programme 3P, prévient à la source les impacts négatifs sur l’environnement.
• Diminuer l’exposition aux risques climatiques
Des entreprises de l’Iowa se sont associées en 2011 pour préserver et la recréer les plaines inondables aux abords de leurs usines au travers d’un fonds commun de 150 millions de dollars.
• Sécuriser l’accès aux ressources (minerais, bois, eau, gaz…)
En 2011, pour éviter les pénuries, la FEMSA (un des plus grands producteurs de bières au Mexique) a mis en œuvre un gigantesque programme de préservation de l’eau dans toute l’Amérique latine.

Déployer une stratégie green efficace… et rentable
Saisir les opportunités de l’économie verte requiert une gouvernance, une organisation et des outils dédiés.
• Des programmes ciblés et calibrés
Choisissez des actions proches de vos cœurs de métier et des attentes de vos parties prenantes. Favorisez les investissements modestes à « effet boule de neige ».
• Un vrai projet d’entreprise
Les projets environnementaux doivent être traités avec une implication forte des dirigeants et des actions mobilisant toute l’entreprise.
• Une communication ciselée
Résistez à la tentation de ne mettre en avant que les valeurs morales associées aux politiques environnementales. Si un bénéfice business est attendu, faites-le savoir en interne pour maximiser l’adhésion des équipes. En externe, l’atout vert est une carte à jouer à condition d’avoir des arguments solides…
• Une dynamique partenariale
Les problématiques environnementales nécessitent des approches globales et multidisciplinaires. Ainsi, les entreprises sont de plus en plus nombreuses à miser sur la collaboration avec d’autres acteurs ayant des intérêts ou des compétences complémentaires.

Ce qu’ils ont fait
En 2011 le groupe Dow Chemicals signe un partenariat avec the Nature Conservancy. L’ambition : dresser un panorama financier des interactions entre les activités de l’entreprise et les écosystèmes, en amont et en aval de la production. Il s’agit de comparer la rentabilité de deux stratégies opposées : 1) investir préventivement dans la protection de l’environnement, et 2) contrôler et réparer les désordres causés par la production. Les premiers résultats indiquent que la préservation serait plus rentable que la réparation.

À lire, notre focus :
Stratégies environnementales : les vraies raisons de l’engagement

D’après Nature’s Fortune, How Business and Society Thrive by Investing in Nature de Mark Tercek, (Basic Books, avril 2013), « Cold Water Detergents get a cold shoulder » d’Andrew Martin et Elisabeth Rosenthal  (New York Times, septembre 2011), « Corporate citizenship: Profiting from a sustainable business » (The Economist, 2008) et « The sustainability advantage » de Bob Willard (RBC Royal Bank, mars 2010).
Business Digest N° 242, décembre 2013.

À voir, la vidéo :
Mark Tercek, CEO of the Nature Conservancy

L’auteur de Nature’s Fortune Mark Tercek explique comment réconcilier environnementaliste et capitalisme lors d’une conférence à Berkeley (2013).

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